Quels sont les bienfaits de la nature sur nous ? Ce qu’en dit la science
Si le contact avec la nature est à la source de pratiques thérapeutiques millénaires, c’est depuis les années 1970 seulement que des études scientifiques nous aident à comprendre ses bénéfices sur la santé physique et psychique humaine.

Les bénéfices de la nature : les études sur les propriétés thérapeutiques de la nature
L’une des premières études sur les bénéfices est celle de Roger Ulrich, qui en 1984, publie un article dans le magazine Science et démontre comment des malades ayant vue sur la nature guérissent plus vite des suites d’une opération chirurgicale.



L’influence de la nature sur les émotions, le sommeil et l’immunité
Auparavant, dans les années 1970, Ulrich étudie l’influence des espaces verts sur les émotions. Depuis, des centaines d’études ont approfondi les propriétés thérapeutiques du contact avec les éléments naturels, quantifiant par exemple la baisse du stress, l’amélioration du sommeil ou de l’immunité, les impacts positifs sur l’humeur, la dépression et l’anxiété.
De nombreuses recherches en psychologie ont porté sur la psychologie de l’écologie et de l’environnement durable. Le livre de Nicolas Guéguen et Sébastien Meineri retrace 100 expériences menées en laboratoire ou sur le terrain, qui démontrent l’influence qu’exercent l’environnement physique et les composantes de cet environnement sur l’être humain (Guéguen & Meineri, 2012).
D’autres exemples d’études pour comprendre les bénéfices profonds de la nature sur l’humain

Selon des chercheurs de l’Université Aarhus, résider en ville augmenterait de 55 % le risque de développer une pathologie mentale (Engeman et al., 2019).
Au contraire, vivre au contact de la nature aurait des effets bénéfiques profonds sur l’humain :

Une diminution de l’anxiété :
La proximité ou la simple vue d’un bout de nature diminue l’état d’anxiété des personnes incarcérées (Arnoux, 2019) et aurait des effets positifs sur les performances des étudiants (Tennessen & Cimprich, 1995).

Un rétablissement de l’attention sélective :
L’immersion dans des espaces verts permet le rétablissement des processus exécutifs du cortex préfrontal, notamment l’attention sélective, souvent épuisée en raison de sa surutilisation à notre époque (Kaplan & Kaplan, 1989).

Une diminution de l’hormone du cortisol (entraînant d’autres conséquences positives sur la santé) :
« Comparé au cadre citadin, l’environnement forestier favorise des concentrations plus faibles de cortisol, un pouls plus lent, une tension artérielle plus basse, une plus grande activité nerveuse parasympathique et une baisse de l’activité nerveuse du sympathique » (Park et al., 2010). Autrement dit, il diminue l’hormone du stress, améliore le fonctionnement cardio-vasculaire et facilite les fonctions digestives, en permettant un état de plus grande relaxation. L’immersion en forêt conduit aussi à renforcer les défenses immunitaires (Li et al., 2007).

Une diminution de multiples troubles physiques :
Les personnes habitant dans des zones riches en espaces verts présentent moins de troubles cardio-vasculaires, musculo-squelettiques, respiratoires, neurologiques, digestifs, moins de diabète et de cancer, et moins de problèmes psychologiques (anxiété, dépression) que celles qui ne bénéficient que d’un environnement pauvre en éléments naturels (Maas et al., 2009).

Une influence bénéfique pour le développement des enfants :
Chez les enfants d’âge préscolaire, les milieux naturels favorisent le calme, l’estime de soi et les éprouvés de satisfaction. Le bien-être engendré réduit les difficultés émotionnelles et favorise les comportements pro-sociaux, en générant davantage de coopération (Sobko et al., 2018).
Par ailleurs, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) montre que les milieux naturels activent les zones du cerveau associées aux images positives et au bonheur (Selhub & Logan, 2012).



L’écopsychothérapie pour intégrer la nature à l’accompagnement thérapeutique
En quoi doit-on intégrer la nature dans nos démarches thérapeutiques ? Le fait d’être déconnecté de la nature implique-t-il également de l’être envers soi-même ? C’est en tout cas l’hypothèse développée par Carl Gustav Jung. La psychologue Meredith Sabini a repris et approfondi ces développements pour mettre en évidence leur apport fondamental (Sabini, 2002).
Erich Fromm, pour sa part, a créé le concept de « biophilie » pour évoquer la tendance naturelle à aimer le vivant (Fromm, 2001).
Quant au psychiatre et psychanalyste Harold Searles, il a fait apparaître, à partir de son étude sur les personnes psychotiques, combien l’être humain est appelé à développer un « apparentement » avec le monde non humain, apparentement qui participe à son équilibre psychique (Searles, 1986).

Les bénéfices de la nature : son rôle de médiateur
L’écopsychothérapie fait une place au contact avec la nature. Elle propose une approche triangulaire : le patient crée d’une part un lien humain sécurisant avec le thérapeute et d’autre part un lien avec le monde vivant qui stimule, voire libère, sa sensorialité et lui offre des possibilités d’expériences où découvrir son monde intérieur.
Accompagné par le thérapeute ou son coach, le patient (ou client) chemine à son rythme dans ce triangle où la nature joue le rôle de médiateur (Roussillon, 2011), pour aller à la rencontre de lui-même et de ses besoins profonds.
Le paysage naturel peut jouer le rôle d’un écran où projeter son monde intérieur (projection), mais aussi d’un partenaire d’interactions stimulantes (introjection).

Se former à l’écothérapie ou au coaching en nature pour utiliser tous les bienfaits de la nature
Notre formation vous apprend donc à intégrer la nature comme support thérapeutique ou de coaching.
Elle fait partie du domaine de l’écopsychologie qui se trouve à la charnière entre les sciences naturelles et les sciences humaines. L’écopsychologie se fonde, entre autres, sur la pensée systémique, la psychologie humaniste, la psychologie environnementale et la psychanalyse (Romanens & Guérin, 2022).
Ce qui nous intéresse ici, c’est la dimension de la relation qui existe entre l’humain et la nature et de quelle manière cette relation nous aide à reprendre contact avec notre propre nature ou autrement dit, avec soi-même. Elle s’inscrit complètement dans la foulée de la troisième vague en Thérapie Comportementale et Cognitive.
Pour aller encore plus loin, vous pouvez consulter cet article.

Bibliographie
Arnoux, P. (2019). « Humaniser la prison avec l’Animal », dans Dialogues avec l’animal et le vivant, Le Souffle d’Or, pp. 27-34.
Engemann, K. Pedersen, C., Arge, L., Tsirogiannis, C., Mortensen, P. & Svenning, J. (2019).
Residential green space in childhood is associated with lower risk of psychiatric disorders from adolescence into adulthood, Proceedings of the National Academy of Sciences, 116(11), 5188-5193. https://doi.org/10.1073/pnas.1807504116
Fromm, E. (2001). L’homme et son utopie. Desclée de Brouwer.
Kaplan, R. & Kaplan, S. (1989). The Experience of Nature: A Psychological Perspective. Cambridge University Press.
Li, Q., Morimoto, K., Nakadai, A., Inagaki, H., Katsumata, M., Shimizu, T., Hirata, Y., Hirata, K., Suzuki, H., Miyazaki, Y., Kagawa, T., Koyama, Y., Ohira, T., Takayama, N., Krensky, A. M. & Kawada, T. (2007). Forest Bathing Enhances Human Natural Killer Activity and Expression of Anti-Cancer Proteins. International Journal of Immunopathology and Pharmacology, 20(2 Suppl. 2), 3–8. https://doi.org/10.1177/03946320070200S202
Maas, J., Verheij, R., de Vries, S., Spreeuwenberg, P., Schellevis, F. & Groenewegen, P. (2009). Morbidity is related to a green living environment. Journal of epidemiology and community health. 63, 967-73. 10.1136/jech.2008.079038.
Meineri, S. & Guéguen, N. (2012). Pourquoi la nature nous fait du bien. France: Dunod.
Park, B.J., Tsunetsugu, Y., Kasetani, T., Kagawa, T. & Miyazaki, Y. (2010). The Physiological Effects of Shinrin-yoku (taking in the forest atmosphere or forest bathing): Evidence from Field Experiments in 24 forests across Japan. Environmental Health Preventive Medecine, 15(1), 18-26. https://doi.org/10.1007/s12199-009-0086-9
Romanens, M. & Guérin, P. (2021). L’écopsychologie. Comment renouer avec la nature pour agir autrement. Editions du Dauphin.
Romanens, M. & Guérin, P. (2017). Pour une écologie intérieure, Renouer avec le sauvage (2ème édition). Le Souffle d’Or.
Roussillon, R. (2011). Proposition pour une théorie des dispositifs thérapeutiques à médiation. Dans Les médiations thérapeutiques, ouvrage collectif sous la direction d’Anne Brun. Toulouse, Editions Eres.
Sabini, M. (2002). The Earth Has a Soul. C. G. Jung on Nature, Technology and Modern Life. Berkeley. North Atlantic Books.
Searles, H. (1986). L’environnement non humain. Éditions Gallimard.
Selhub, E.M. & Logan, A.C. (2012). Comment la nature soigne notre cerveau. Marabout.
Sobko, T., Jia, Z., & Brown, G. (2018). Measuring connectedness to nature in preschool children in an urban setting and its relation to psychological functioning. PloS one, 13(11). https://doi.org/10.1371/journal.pone.0207057
Tennessen, C. M., & Cimprich, B. (1995). Views to Nature: Effects on Attention. Journal of Environmental Psychology, 15(1), 77-85.
Ulrich, R. S. (1984). View Through a Window May Influence Recovery from Surgery. Science. Vol. 224 (4647), 420-421. https://doi.org/10.1126/science.6143402.
